Donation

Donation-Partage: Définition, Avantages & Inconvénients, Coûts…

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Écrit par Sébastien BLERIOT

La donation-partage est un outil efficace de transmission de patrimoine qui présente de nombreux avantages mais aussi quelques inconvénients.

Cet article explore en détail la définition, les bénéfices et les coûts associés à cette forme de donation.

Découvrez comment elle peut faciliter la répartition équitable de vos biens tout en limitant les conflits futurs entre héritiers.

La donation-partage constitue une solution patrimoniale prisée pour anticiper et organiser la transmission de son patrimoine de son vivant.

En effet, elle permet non seulement de répartir équitablement les biens entre les héritiers tout en profitant de certains avantages fiscaux, mais aussi de prévenir les conflits successoraux potentiels.

Contrairement à la donation simple, la donation-partage offre une répartition immédiate et définitive des biens, ce qui en fait un outil précieux dans la gestion du patrimoine familial.

Au sein de cet article, nous vous proposons d’explorer la définition, les étapes de mise en œuvre, ainsi que les avantages et les inconvénients de la donation-partage. Nous espérons qu’il vous permettra de vous fournir une vision complète de cette pratique juridique.

Définition de la donation partage

Une donation-partage est un acte juridique qui permet à une personne, le donateur, de procéder, de son vivant, au partage de tout ou partie de ses biens entre ses héritiers présomptifs. Cet acte présente plusieurs caractéristiques notables.

Tout d’abord, la donation-partage porte sur des biens présents dont le donateur est propriétaire. Elle peut concerner la totalité ou seulement une partie du patrimoine du donateur et peut inclure la nue-propriété ou l’usufruit des biens.

En ce qui concerne les bénéficiaires, ils doivent être les héritiers présomptifs du donateur au jour de la donation, ce qui est généralement le cas de ses enfants ou descendants. Pour que l’acte soit valable, il est nécessaire qu’au moins un bénéficiaire accepte la donation.

La donation-partage a des effets immédiats et définitifs. Elle entraîne le transfert de la propriété des biens aux bénéficiaires dès sa réalisation.

De plus, elle fixe la valeur des biens au jour de la donation, ce qui est crucial pour le calcul des réserves héréditaires. Il est également possible d’inclure une clause de retour conventionnel, permettant au donateur de récupérer les biens si le bénéficiaire décède avant lui.

Avantages & inconvénients d’une donation-partage

Intéressons nous aux avantages et aux limites de la donation-partage.

Quels sont les avantages d’une donation-partage ?

La donation-partage offre de nombreux avantages dont voici les principaux.

Anticiper la transmission du patrimoine de son vivant

Une donation-partage permet de répartir et transmettre tout ou partie de ses biens à ses héritiers présomptifs (généralement les enfants) de manière anticipée et définitive, sans attendre le décès.

En procédant de cette manière, elle fixe la valeur des biens transmis au jour de la donation pour le calcul des réserves héréditaires, évitant ainsi une réévaluation ultérieure qui pourrait compliquer la répartition.

Éviter les conflits familiaux après le décès

En déterminant de son vivant la répartition des biens entre les héritiers, chaque héritier connaît et accepte la part qui lui revient, formalisée par un acte notarié.

Cela permet une répartition équitable et définitive des biens, réduisant ainsi le risque de conflits familiaux après le décès du donateur.

Avantages fiscaux

La donation-partage bénéficie des mêmes abattements fiscaux que pour une donation simple, par exemple, 100 000€ par enfant tous les 15 ans.

De plus, elle ne génère pas de droits de partage supplémentaires de 2,5% comme c’est le cas pour une succession. En transmettant les biens en nue-propriété, le donateur peut également réduire les droits de donation, optimisant ainsi la fiscalité de la transmission.

Souplesse de transmission

La donation-partage offre une grande souplesse, car elle peut porter sur tout ou partie du patrimoine, qu’il soit immobilier, mobilier ou financier.

Il est également possible d’inclure un tiers étranger dans la donation, par exemple, pour transmettre une entreprise.

De plus, le donateur peut se réserver l’usufruit des biens transmis, lui permettant de continuer à en jouir.

Quels sont les inconvénients d’une donation-partage ?

Comme tout dispositif, la donation partage intègre également des inconvénients qu’il est nécessaire de prendre en compte avant de se lancer. Voici les principaux.

Irrévocabilité et manque de flexibilité

Une fois réalisée, la donation-partage est définitive et irrévocable. Il est impossible de la modifier ou de l’annuler si les circonstances ou les intentions du donateur changent.

Ce manque de flexibilité peut poser problème en cas d’évolution de la situation familiale ou patrimoniale.

Risque d’atteinte à la réserve héréditaire

Si la donation-partage empiète sur la part réservée aux héritiers (réserve héréditaire), elle peut être contestée et réduite. Cela peut entraîner des complications juridiques et des déséquilibres familiaux.

Exigence du consentement unanime des héritiers

Tous les héritiers présomptifs doivent consentir à la donation-partage pour qu’elle soit valable.

Cette exigence d’unanimité peut être un obstacle majeur, surtout en cas de relations familiales tendues.

Fixation définitive de la valeur des biens

La valeur des biens transmis est fixée au jour de la donation-partage.

Si leur valeur évolue fortement à la hausse par la suite, cela peut créer un déséquilibre entre les lots reçus par les héritiers.

Coûts associés

Les frais de notaire et les droits de donation à acquitter peuvent représenter un coût non négligeable. Bien que compensés par des avantages fiscaux, ces frais doivent être pris en compte.

Nous allons d’ailleurs tout de suite faire un focus sur les frais liés à une donation-partage.

Coûts liés à une donation-partage

Le coût d’une donation-partage comprend principalement deux éléments :

  • Les frais de notaire
  • Les droits de donation à acquitter

Frais de notaire

Les frais de notaire pour une donation-partage suivent un barème progressif en fonction de la valeur totale des biens transmis :

  • De 0 € à 6 500 € = 4,837%
  • De 6 501 € à 17 000 € = 1,995%
  • De 17 001 € à 60 000 € = 1,330%
  • Au-delà de 60 000 € = 0,825%

À titre d’exemple, pour une donation-partage d’un bien d’une valeur de 300 000 €, les frais de notaire s’élèveraient à environ 2 500 €.

Droits de donation

Les droits de donation dépendent du lien de parenté entre le donateur et le donataire, et de la valeur des biens transmis après abattement :

  • Pour une donation aux enfants, un barème progressif de 5% à 45% s’applique au-delà de l’abattement de 100 000€ par enfant tous les 15 ans.
  • Pour une donation aux petits-enfants, le taux est de 35% au-delà de 31 865€ d’abattement.
  • Pour une donation entre époux/pacsés, un taux fixe de 35% s’applique au-delà de 80 724€ d’abattement.

Donc pour une donation-partage de 300 000€ à un enfant, avec un abattement de 100 000€, les droits seraient d’environ 30 000€ (20% sur 200 000€).

Le coût total d’une donation-partage de 300 000€ à un enfant serait donc d’environ 32 500€ (2 500€ de frais + 30 000€ de droits).

Quelles sont les étapes pour mettre en place une donation-partage ?

Pour mettre en place une donation-partage, plusieurs étapes clés doivent être suivies. Ces étapes sont cruciales pour organiser efficacement et sereinement la transmission anticipée de votre patrimoine.

Voici un guide détaillé et simplifié pour vous aider à comprendre le processus.

1. Choisir les biens à transmettre

Commencez par déterminer quels biens vous souhaitez inclure dans la donation-partage. Cela peut concerner l’ensemble de votre patrimoine ou seulement une partie, incluant des biens immobiliers, mobiliers, financiers ou même une entreprise.

Décidez également si vous souhaitez effectuer une donation en pleine propriété ou en nue-propriété avec réserve d’usufruit, ce qui vous permet de conserver l’usage et les revenus des biens.

2. Désigner les bénéficiaires

Les bénéficiaires d’une donation-partage sont généralement les héritiers présomptifs, c’est-à-dire vos enfants ou descendants directs.

Bien qu’il soit possible d’inclure un tiers non-parent, cette pratique est peu courante. Assurez-vous que tous les bénéficiaires sont clairement désignés.

3. Faire évaluer les biens

Il est essentiel de faire estimer la valeur vénale des biens à transmettre. Cette évaluation doit être réalisée par un professionnel, tel qu’un expert immobilier ou un commissaire aux comptes.

Attention, la valeur fixée à ce stade sera définitive pour la donation.

4. Consulter un notaire

La donation-partage doit obligatoirement être formalisée par un acte authentique devant un notaire.

Le notaire rédigera le projet d’acte et veillera au respect des règles légales, notamment en ce qui concerne les réserves héréditaires.

Cette étape garantit la validité juridique de la donation.

5. Obtenir l’accord des bénéficiaires

Pour que la donation-partage soit valable, tous les héritiers présomptifs doivent expressément consentir à la donation et accepter les biens qui leur sont attribués.

Cet accord unanime est indispensable.

6. Signer l’acte de donation-partage chez le notaire

Une fois l’accord obtenu, l’acte de donation-partage est signé chez le notaire. La donation prend effet à la date de cette signature.

Si vous le souhaitez, vous pouvez vous réserver l’usufruit des biens, ce qui vous permet de continuer à en jouir.

7. Payer les frais et droits de donation

Enfin, il faudra acquitter les frais de notaire et les droits de donation.

Ces coûts varient en fonction du lien de parenté entre le donateur et les bénéficiaires, mais des abattements fiscaux et dispositifs comme le dispositif Dutreil peuvent alléger la charge fiscale.

A propos de l'auteur

Sébastien BLERIOT

Entrepreneur à succès, passionné par la finance et l'économie, découvrez mes conseils et astuces pour faire fructifier votre patrimoine.