La retraite suisse tient sur trois jambes, inscrites dans la Constitution fédérale à l’article 111 : l’AVS, régime étatique de base, la LPP ou prévoyance professionnelle, et le pilier 3a, facultatif.
Les deux premiers sont censés couvrir environ 60 % du dernier salaire une fois le travailleur à la retraite.
Qu’est-ce que le 2ème pilier suisse ?
C’est ce deuxième étage qui retient l’attention ici. Instaurée en 1985, la LPP est une assurance obligatoire financée à parts égales par l’employeur et le salarié, qui couvre la vieillesse mais aussi le décès et l’invalidité.
Les cotisations ne démarrent pas toutes au même âge. La couverture décès et invalidité s’applique dès 18 ans révolus, mais l’épargne vieillesse proprement dite ne commence qu’à 25 ans.
Le taux grimpe ensuite par paliers : 7 % du salaire coordonné entre 25 et 34 ans, 10 % entre 35 et 44 ans, 15 % entre 45 et 54 ans, puis 18 % jusqu’à la retraite, fixée à 64 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes.
Tout le monde n’y est pas soumis. Les indépendants restent libres de cotiser ou non, tout comme les salariés qui cumulent plusieurs emplois à temps partiel sans qu’aucun ne franchisse individuellement le seuil d’entrée.
Ces derniers, souvent sans le savoir, se retrouvent avec un trou dans leur prévoyance qu’une affiliation volontaire pourrait combler.
Autre point qui surprend régulièrement les assurés : le capital du 2e pilier ne suit pas automatiquement en cas de démission, de chômage, de départ à l’étranger ou de reprise d’études. Il faut alors le transférer vers un compte de libre passage, ouvert dans la banque ou l’institution de son choix. À défaut, l’argent atterrit d’office à la Fondation institution supplétive LPP, une solution par défaut rarement optimale côté rendement. Le phénomène est loin d’être marginal : selon la RTS, plusieurs milliards de francs de deuxième pilier dorment ainsi, non réclamés, faute d’avoir été transférés au bon moment par leurs propriétaires.
Ce n’est pas qu’une rente !
Souvent oublié, le 2ème pilier Suisse ne se limite pas à la rente de retraite, comme le précise Swiss Serenity.
Il ouvre droit à une pension d’invalidité en cas d’incapacité de travail avant l’âge légal, et à une rente de conjoint ou d’orphelin en cas de décès, sous certaines conditions (enfant à charge, 45 ans révolus, ou union d’au moins cinq ans).
Le capital peut aussi être débloqué avant la retraite pour acheter un logement, rembourser une hypothèque, se lancer comme indépendant ou quitter définitivement la Suisse. Racheter des années de cotisation manquantes reste par ailleurs possible, avec un avantage fiscal à la clé.
En cas de divorce, les avoirs accumulés pendant le mariage sont partagés pour moitié entre les ex-conjoints, quel que soit le régime matrimonial, sauf si chacun dispose déjà d’une prévoyance jugée suffisante par le juge.
Avec une mobilité professionnelle croissante et des changements d’employeur plus fréquents, le suivi de ses avoirs de prévoyance devient un réflexe de plus en plus nécessaire pour éviter de laisser filer une partie de sa future retraite.
Sources : Office fédéral des assurances sociales (OFAS) – seuil d’accès LPP ; RTS – Plus de 13 milliards de francs de prévoyance LPP ne sont pas réclamés