Groupements forestiers et GFI : pourquoi les investisseurs particuliers s’y intéressent de plus en plus

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Longtemps réservée à quelques grandes familles propriétaires de massifs boisés, la forêt s’est imposée ces dernières années comme une classe d’actifs à part entière dans les stratégies patrimoniales des particuliers. 

Recherche de diversification, envie de donner du sens à son épargne, besoin de se protéger contre l’inflation ou de préparer une transmission dans de bonnes conditions : les raisons qui poussent un nombre croissant d’épargnants à s’intéresser aux groupements forestiers, et plus particulièrement aux groupements forestiers d’investissement (GFI), sont multiples. 

Encore faut-il comprendre comment fonctionnent ces véhicules, ce qu’ils apportent concrètement à un portefeuille et quelles précautions prendre avant de s’engager.

Le groupement forestier, un outil ancien remis au goût du jour

Un Groupement forestier est une société civile dont l’objet est l’acquisition, la détention et la gestion de parcelles boisées. 

Concrètement, plutôt que d’acheter une forêt en direct, l’investisseur souscrit des parts sociales représentatives d’une fraction du patrimoine forestier détenu par la structure. 

Le groupement se charge ensuite, via un plan de gestion durable validé par les pouvoirs publics, de l’entretien des peuplements, de la coupe raisonnée du bois et, le cas échéant, de la vente de la récolte.

Historiquement, cette forme juridique servait surtout à organiser la propriété familiale d’un massif : plusieurs héritiers en détenaient les parts plutôt que de gérer une indivision complexe. 

Mais le modèle a évolué, et une nouvelle génération de groupements s’est ouverte au grand public sous une forme mieux adaptée aux besoins d’un investisseur individuel qui ne souhaite ni acheter une forêt entière, ni s’improviser gestionnaire forestier.

Le GFI, une porte d’entrée pensée pour les particuliers

C’est précisément le rôle que joue le Groupement forestier d’investissement

Contrairement au groupement forestier familial classique, le GFI est une structure agréée par l’Autorité des marchés financiers, ouverte à la souscription publique et pensée pour mutualiser les capitaux d’un grand nombre d’épargnants au sein d’un portefeuille de forêts diversifié, réparti sur différents massifs, essences et régions. 

Cette mutualisation change beaucoup de choses pour un particulier.

D’abord, le ticket d’entrée devient accessible : là où l’achat d’une forêt en direct nécessite plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros et une expertise technique pointue, une part de GFI peut généralement s’acquérir à partir de quelques milliers d’euros. 

Ensuite, la gestion est intégralement déléguée à une société de gestion spécialisée, qui s’occupe du plan de gestion, des travaux sylvicoles, de la commercialisation du bois et du suivi administratif et réglementaire. 

Enfin, la diversification géographique et forestière réduit mécaniquement l’exposition d’un investisseur donné aux aléas propres à un massif unique, qu’il s’agisse d’une tempête, d’un incendie ou d’une crise sanitaire touchant une essence particulière.

Un actif tangible et décorrélé des marchés financiers

Sur le plan patrimonial, l’argument le plus souvent mis en avant est la faible corrélation de la forêt avec les marchés actions et obligataires. 

La valeur d’un massif forestier dépend avant tout de la croissance biologique du bois, du prix des matières premières bois-énergie et bois-construction, et de la rareté du foncier boisé, des dynamiques largement indépendantes des cycles boursiers. 

Pour un investisseur qui cherche à lisser la volatilité globale de son patrimoine, cette caractéristique en fait un complément intéressant à une allocation déjà composée d’actions, d’obligations ou d’immobilier.

La forêt est également un actif tangible : elle ne disparaît pas, elle pousse. 

Cette croissance biologique constitue une composante de la performance qui s’ajoute aux revenus tirés de la vente de bois, et qui a historiquement montré une résistance à l’inflation, le prix du bois ayant tendance à suivre, sur longue période, l’évolution générale des prix. 

C’est l’une des raisons pour lesquelles la forêt est parfois qualifiée de valeur refuge de long terme, au même titre que d’autres actifs réels.

Une fiscalité conçue pour encourager l’investissement forestier

Au-delà de son intérêt patrimonial, l’investissement en groupement forestier bénéficie d’un cadre fiscal spécifique, voulu par les pouvoirs publics pour encourager le développement durable de la forêt française et la structuration de la filière bois. 

Trois leviers principaux sont généralement associés à la souscription de parts de GFI ou de GF.

À l’entrée, la souscription au capital d’un groupement forestier peut ouvrir droit, sous conditions et plafonds réglementaires, à un avantage sur l’impôt sur le revenu. 

Au titre de la détention, les parts de groupements forestiers bénéficient d’un régime favorable au regard de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), avec une exonération partielle de leur valeur, généralement conditionnée à l’engagement de maintenir une gestion durable du massif sur une longue durée. 

Enfin, en matière de transmission, la donation ou la succession de parts de groupements forestiers peut bénéficier d’un abattement substantiel sur les droits normalement dus, ce qui en fait un outil régulièrement mobilisé dans les stratégies de transmission patrimoniale intergénérationnelle.

Ces avantages varient selon les dispositifs en vigueur, les plafonds applicables et la situation personnelle de chaque investisseur, et ils sont contrebalancés par des engagements de détention et de gestion qui s’étendent souvent sur plusieurs années, voire plusieurs décennies pour certains régimes. 

Il est donc recommandé de se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine ou un professionnel du droit fiscal avant de souscrire, afin de vérifier l’adéquation du dispositif avec sa situation personnelle et l’évolution de la réglementation applicable.

Rendement, horizon de placement et risques à connaître

Le rendement d’un groupement forestier se décompose généralement en deux éléments : un revenu courant, issu de la vente périodique de bois, historiquement modeste, et une revalorisation du capital liée à la croissance des arbres et à l’évolution du prix du foncier forestier. 

Sur les dix dernières années, la performance moyenne du secteur, mesurée par des indices de référence spécialisés, s’est établie autour de plusieurs points de pourcentage par an, frais compris, mais ces chiffres restent des moyennes historiques qui ne préjugent en rien des performances futures.

Comme tout investissement, le groupement forestier comporte des risques qu’il convient de mesurer avant de s’engager. 

Le premier est celui de la liquidité : les parts ne sont pas cotées sur un marché organisé, et leur revente dépend de la capacité du groupement à trouver un nouvel acquéreur ou à organiser un rachat, ce qui peut prendre du temps. 

Le deuxième est le risque de perte en capital, la valeur des parts pouvant évoluer à la baisse comme à la hausse selon les conditions de marché et l’état sanitaire des massifs. 

S’y ajoutent des risques climatiques et sanitaires: tempêtes, sécheresses, incendies, attaques d’insectes ravageurs… qui peuvent affecter ponctuellement la production, même si la diversification géographique d’un GFI contribue à en atténuer l’impact global. 

Enfin, les avantages fiscaux évoqués plus haut sont généralement liés à un engagement de conservation des parts sur une durée minimale, ce qui fait du groupement forestier un placement de long terme, peu adapté à un besoin de liquidités à court ou moyen terme.

À qui s’adresse ce type de placement ?

Le groupement forestier d’investissement s’adresse avant tout à des épargnants qui disposent déjà d’un patrimoine diversifié et qui cherchent à en compléter l’allocation avec un actif réel, décorrélé des marchés financiers, tout en profitant d’un cadre fiscal favorable pour leur imposition sur le revenu, leur IFI ou la transmission de leur patrimoine. 

Il convient particulièrement aux profils patients, capables d’immobiliser une partie de leur épargne sur une dizaine d’années ou plus, et sensibles à la dimension environnementale de leur investissement, la gestion durable des forêts contribuant à la séquestration de carbone et au renouvellement de la ressource bois française.

Avant de sélectionner un groupement forestier ou un GFI en particulier, il est utile de vérifier plusieurs critères : l’agrément de la société de gestion auprès de l’AMF, son expérience et sa taille sous gestion, la qualité et la diversification du patrimoine forestier détenu, la transparence de la structure de frais, ainsi que les conditions de sortie proposées aux associés. 

Ces éléments permettent de distinguer les acteurs installés, capables de justifier d’un historique de gestion et de performance, des offres plus récentes ou moins documentées.

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