Pourquoi LVMH fait la une aujourd’hui
LVMH a publié lundi 12 octobre, après la clôture de la Bourse, son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026. Sur les trois mois achevés fin septembre, le numéro un mondial du luxe a enregistré 18,5 milliards d’euros de ventes, en hausse de 1% à données comparables par rapport à la même période l’an dernier.
Ce chiffre global cache un vrai point de friction.
La Mode et Maroquinerie, la division historique du groupe qui réunit notamment Louis Vuitton et Dior, a vu ses ventes reculer de 5% en rythme organique sur le seul troisième trimestre, contre un repli de seulement 1% sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année.
Selon des informations rapportées par CNBC, cette dégradation s’explique notamment par un nouveau coup de mou de la demande chinoise, alors que les ventes réalisées aux Etats-Unis ont, à l’inverse, progressé de 5% sur la période.
D’autres métiers du groupe limitent la casse : les Montres et Joaillerie affichent une croissance organique de 8% depuis le début de l’année, et la distribution sélective, portée par Sephora, progresse de 6%. Mais le marché retient surtout la faiblesse persistante de la Chine, une zone qui compte traditionnellement beaucoup pour les ventes du groupe.
Résultat, l’action a ouvert en net repli ce mardi matin, entraînant dans son sillage d’autres valeurs du luxe cotées à Paris comme Kering ou Hermès.
Pour un débutant en Bourse, cet épisode illustre bien qu’une entreprise peut voir son cours reculer même lorsqu’elle affiche une croissance positive : ce qui compte pour les investisseurs, c’est surtout l’écart entre le résultat publié et ce qu’ils anticipaient.
C’est l’un des réflexes à acquérir avant de se lancer dans l’achat de ses premières actions.
Ce que dit le graphique

Le titre LVMH évolue ce mardi autour de 378,70 euros, en repli d’environ 1,5% par rapport à la clôture de lundi à 384,65 euros.
Ce niveau le ramène tout près de son plus bas sur un an, 378,55 euros, touché le 2 octobre dernier, et à plus de 40% de son record annuel de 652,10 euros atteint le 9 janvier.
Le cours évolue désormais sous ses trois moyennes mobiles : 392,25 euros pour la moyenne à 20 jours, 425,15 euros pour celle à 50 jours et 485,25 euros pour la moyenne à 200 jours, un alignement baissier installé depuis le croisement négatif entre les moyennes à 20 et 50 jours constaté fin juillet.
Le RSI à 14 jours s’établit à 32,4, un niveau qui n’est pas encore synonyme de survente technique, généralement situé sous 30, mais qui s’en approche nettement, signe que la pression vendeuse reste forte sur le titre.
Sur l’ensemble de l’année 2026, l’action LVMH affiche un repli de plus de 41%, une contre-performance qui tranche avec la relative stabilité des grands indices européens sur la même période.
Pour les investisseurs confirmés : les ratios à surveiller
Mécaniquement, la chute du cours depuis le début de l’année a fait fondre la valorisation de LVMH.
Sur la base du bénéfice net par action 2025, qui s’élevait à 21,85 euros, le PER ressort désormais autour de 17 fois les bénéfices, loin des quelque 29 fois observées en mars dernier lorsque l’action cotait encore près de 460 euros.
A ce niveau de prix, le marché semble intégrer une poursuite du ralentissement plutôt qu’un simple trou d’air passager.
Le bénéfice par action pour l’exercice 2026 complet n’est pas encore connu, donnée à confirmer dans la publication officielle de la société attendue au début de l’année prochaine.
Côté dividende, LVMH a maintenu son versement à 13 euros par action sur les deux derniers exercices malgré la baisse de ses résultats, ce qui porte le rendement à un peu plus de 3,4% au cours actuel.
Il s’agit d’un niveau inhabituellement élevé pour une valeur de luxe, qui traduit davantage la défiance actuelle du marché qu’une largesse particulière de l’entreprise.
L’actionnariat reste une source de stabilité pour le dossier : la famille Arnault contrôle la majorité du capital et plus de 65% des droits de vote, notamment via sa holding cotée Christian Dior, dont l’action avait elle-même défrayé la chronique l’an dernier lors de l’offre de rachat lancée par la famille.
Cette concentration du capital s’accompagne toutefois d’une forte dépendance à un seul métier : la Mode et Maroquinerie représente encore près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe, si bien que toute rechute prolongée de la demande chinoise pèserait directement sur l’ensemble du dossier.
A surveiller également, les effets de change et les tensions commerciales avec les Etats-Unis, déjà évoqués par le groupe lors de ses précédentes publications.
La rubrique 1 jour, 1 action revient demain avec une nouvelle valeur qui fait l’actualité des marchés.
Cet article a un but informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Avant toute décision, nous vous invitons à vous rapprocher d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un conseiller financier indépendant.



