1 jour, 1 action : Schneider Electric chute de 10% après le rachat historique de l’américain PTC

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Chaque jour, Culture Financière décrypte une action qui fait l'actualité des marchés. Aujourd'hui, cap sur Schneider Electric : le géant français de l'équipement électrique dévisse de près de 10% à la Bourse de Paris après avoir annoncé le rachat de l'américain PTC pour plus de 20 milliards d'euros, sa plus grosse acquisition de l'histoire.
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Pourquoi Schneider Electric fait la une aujourd’hui

L’action Schneider Electric décroche ce lundi 5 octobre à la Bourse de Paris. Le titre perdait encore près de 10% en milieu de journée, autour de 273 euros, signant la pire séance du groupe depuis au moins un an. Sur l’indice Stoxx 600, aucune autre valeur n’affichait un repli aussi marqué.

Selon les informations rapportées par Reuters, Schneider Electric a annoncé ce lundi le rachat de 100% du capital de l’américain PTC, spécialiste des logiciels industriels basé à Boston.

L’opération, entièrement réglée en numéraire, valorise PTC à environ 22,6 milliards de dollars, soit près de 20,2 milliards d’euros, pour une valeur d’entreprise de 23,7 milliards de dollars. Le prix proposé, 205 dollars par action, fait ressortir une prime de 42,3% sur le dernier cours de clôture de PTC avant l’annonce.

C’est tout simplement la plus importante acquisition de l’histoire de Schneider, troisième capitalisation boursière française. Les investisseurs semblent surtout inquiets du montant engagé pour une entreprise de logiciels dont la valorisation reste soumise aux incertitudes liées à l’intelligence artificielle.

Selon les analystes de J.P. Morgan, les opérations de fusion-acquisition de grande ampleur sont généralement mal accueillies dans un premier temps par les investisseurs européens, même si celles menées par Schneider Electric se sont le plus souvent révélées stratégiquement payantes, malgré des prix d’achat parfois discutables.

Ce rachat s’inscrit dans une stratégie assumée depuis plusieurs mois. En juin, le groupe avait déjà mis la main sur Cognite Holding, un éditeur de logiciels d’intelligence artificielle pour l’industrie, avant de lancer fin septembre une offre sur le bulgare Shelly Group pour 1,2 milliard d’euros.

L’ambition affichée avec PTC est de créer une plateforme logicielle de premier plan autour de systèmes ouverts et interopérables, avec environ 250 millions d’euros d’économies de coûts attendues d’ici trois ans et près de 800 millions d’euros de synergies de chiffre d’affaires.

L’opération, financée par un mélange de fonds propres et de nouvelle dette, devrait être finalisée au troisième trimestre 2027.

Pour mieux comprendre la logique d’une prime de rachat aussi élevée, notre analyse de l’offre de la famille Arnault sur Christian Dior propose un autre exemple récent d’OPA à prix fort sur la place de Paris.

Ce que dit le graphique

Graphique boursier de l'action Schneider Electric (SU.PA) avec moyennes mobiles 20 et 50 jours, au 5 octobre 2026

À environ 273 euros, l’action Schneider Electric est repassée nettement sous sa moyenne mobile à 20 jours, à 288,9 euros, et sous sa moyenne mobile à 50 jours, à 292,3 euros, deux niveaux qu’elle évoluait au-dessus depuis plusieurs semaines.

Un premier croisement baissier entre ces deux moyennes mobiles était pourtant déjà apparu le 25 septembre, un signal technique qui prend aujourd’hui une tout autre ampleur. Le titre reste de justesse au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, à 267,4 euros, effaçant ainsi une grande partie de sa progression de l’année en une seule séance.

Avec un repli proche de 10%, cette séance constitue de loin la plus forte baisse quotidienne enregistrée par Schneider Electric sur les douze derniers mois, la précédente, le 14 septembre, s’étant limitée à 6,5%.

Le titre évolue désormais à plus de 12% de son plus haut sur un an, à 311 euros, atteint il y a moins de trois semaines, tandis que le RSI à 14 jours retombe autour de 39, loin encore de la zone de survente mais en net repli.

Pour les investisseurs confirmés : les ratios à surveiller

Sur le plan des multiples, Schneider Electric se paie encore cher.

Le PER ressort à environ 35,7 fois les bénéfices 2025, et resterait, selon le consensus des analystes, autour de 30 fois les bénéfices attendus pour 2026 et de 24,8 fois ceux de 2027, porté par une croissance du bénéfice par action attendue de l’ordre de 20% par an sur la période.

Ces niveaux restent élevés au regard de la moyenne du marché, et invitent à la prudence sur le prix d’entrée, un sujet que nous détaillons dans notre comparatif des actions du CAC 40 sous-évaluées ou sur-évaluées.

Les fondamentaux publiés cet été restent toutefois solides. Au premier semestre 2026, Schneider Electric a affiché un chiffre d’affaires de 21,2 milliards d’euros, en croissance organique de 14%, porté par un deuxième trimestre record à 11,5 milliards d’euros, en hausse de 17%.

Le groupe avait alors relevé ses objectifs annuels, selon Les Echos, visant désormais une marge d’EBITA ajusté comprise entre 19,4% et 19,7% pour 2026.

Cette dynamique, en grande partie tirée par la demande en infrastructures pour les centres de données, rappelle celle que nous avions documentée dans notre article sur Legrand, qui avait lui aussi relevé ses objectifs 2030 portés par les data centers.

Du côté des points positifs, le rachat de PTC permettrait à Schneider Electric de renforcer une activité logicielle à plus forte marge et plus récurrente, dans la continuité d’une stratégie de diversification déjà engagée avec Cognite.

Les analystes de Berenberg jugent d’ailleurs que la valorisation payée reste raisonnable compte tenu de la compression actuelle des multiples dans le secteur du logiciel.

Le consensus des analystes maintient à ce stade un objectif de cours à trois mois autour de 333 euros, soit un potentiel de plus de 20% par rapport au cours actuel.

Du côté des points de vigilance, l’opération sera en partie financée par de la dette nouvelle, l’essentiel des synergies ne se matérialisera que sur plusieurs années, et son succès dépendra de la poursuite du cycle d’investissement massif dans les centres de données, un paramètre que personne ne maîtrise complètement.

Comme toujours, une décision d’investissement mérite d’être mûrement réfléchie et ne doit jamais reposer sur la seule actualité d’une séance.

Rendez-vous demain pour une nouvelle édition de 1 jour, 1 action, avec une autre valeur qui aura fait parler d’elle sur les marchés.

Cet article a un but informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Avant toute décision, nous vous invitons à vous rapprocher d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un conseiller financier indépendant.

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