1 jour, 1 action : Alstom plonge de 25 % après un nouvel avertissement sur ses résultats annuels

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Chaque jour, Culture Financière décrypte une action qui fait l'actualité. Aujourd'hui, l'action Alstom plonge de près de 25 % à la Bourse de Paris après un nouvel avertissement sur ses résultats annuels, le groupe ferroviaire imputant ce dérapage à des retards de production sur son train régional Coradia Max.
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Pourquoi Alstom fait la une aujourd’hui

Ce lundi 2 novembre, l’action Alstom a connu l’une des pires séances de son histoire récente. Le titre a plongé de près de 30 % dès l’ouverture avant de terminer la journée en recul d’environ 25 %, autour de 11,88 euros.

En séance, le cours est même descendu jusqu’à 10,93 euros, un plus bas proche de celui enregistré plus tôt cette année. Un avertissement sur résultats, aussi appelé profit warning, intervient quand une entreprise annonce que ses résultats seront nettement inférieurs aux objectifs qu’elle avait elle-même fixés, ce qui pousse généralement les investisseurs à vendre dans la foulée.

C’est exactement ce qui s’est produit ce lundi : le fabricant de trains et de tramways a drastiquement revu à la baisse ses objectifs pour l’exercice 2026-2027, le second avertissement de ce type en moins d’un an. Sa marge d’exploitation ajustée est désormais attendue autour de 1 %, contre 6,5 % promis quelques mois plus tôt.

Son flux de trésorerie libre devrait, lui, ressortir négatif d’environ 1,5 milliard d’euros, alors qu’Alstom visait jusque là une génération de cash positive sur l’exercice. La direction attribue ce dérapage à des difficultés d’exécution sur sa plateforme Coradia Max, une gamme de trains régionaux commandée notamment par des Länder allemands.

Des problèmes techniques et des essais de certification plus longs que prévu ont retardé les livraisons, avec un impact direct sur la production. Le groupe ne prévoit plus que 4 000 voitures livrées sur l’année, contre 4 400 à 4 500 annoncées auparavant.

Pour tenter de rassurer les investisseurs, Alstom a aussi dévoilé un plan visant à réduire sa dette d’environ 2 milliards d’euros. Ce plan combinerait économies internes et cessions d’actifs potentielles, sans que les modalités précises aient été détaillées à ce stade.

Ce que dit le graphique

Graphique du cours de l'action Alstom (ALO.PA) avec moyennes mobiles 20 et 50 jours au 2 novembre 2026, montrant la chute brutale du titre

Après plusieurs mois passés dans un couloir assez resserré entre 15 et 17 euros, le cours décroche brutalement ce lundi. Il s’éloigne d’environ 25 % de sa moyenne mobile 20 jours, qui ressort à 15,82 euros, et de sa moyenne mobile 50 jours, à 15,70 euros, deux niveaux qu’il surplombait encore vendredi.

Cet écart est sans commune mesure avec les variations observées sur le reste de la période étudiée, où les deux moyennes mobiles évoluaient quasiment collées l’une à l’autre.

Le titre avait pourtant amorcé fin octobre un léger croisement haussier de sa MM20 au-dessus de sa MM50, un signe de stabilisation technique balayé en une seule séance.

Avec un plus bas intrajournalier de 10,93 euros, l’action est quasiment revenue sur son plus bas des douze derniers mois. Elle affiche désormais un repli de plus de 60 % par rapport à son sommet de l’année, à 30,23 euros, atteint au début de 2026.

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Pour les investisseurs confirmés : les ratios à surveiller

Avec un bénéfice net par action tombé à 0,31 euro sur l’exercice précédent, Alstom affichait déjà un PER élevé, autour de 54 fois les bénéfices. Ce niveau reflète surtout la faiblesse temporaire des profits plutôt qu’une survalorisation du titre.

Avant l’avertissement de ce lundi, le consensus des analystes compilé par FactSet anticipait un rebond du bénéfice net par action à 1,33 euro en 2026 puis 1,62 euro en 2027, ce qui ferait ressortir un PER proche de 12 fois les résultats attendus l’an prochain.

Ces prévisions seront très probablement revues à la baisse dans les prochains jours pour intégrer la nouvelle trajectoire de marge communiquée par le groupe, et une comparaison fine avec des concurrents comme l’allemand Siemens Mobility ou l’espagnol CAF reste une donnée à confirmer dans leurs propres publications.

Pour comprendre comment interpréter ce type de ratio, notre article sur les principaux ratios financiers pour analyser une action peut servir de point de départ utile.

Le groupe ne verse par ailleurs aucun dividende, une situation qui perdure depuis plusieurs exercices compte tenu de ses efforts de désendettement. Du côté des points positifs, le carnet de commandes reste solide, avec 11 milliards d’euros de prises de commandes au premier semestre, contre 10,5 milliards un an plus tôt.

Le groupe maintient son objectif d’un ratio commandes sur chiffre d’affaires supérieur à 1, ce qui suggère que la demande structurelle pour le ferroviaire, portée par la transition énergétique et les besoins de mobilité urbaine, n’est pas remise en cause.

Le point de vigilance reste l’exécution industrielle, puisqu’il s’agit du second avertissement sur résultats en moins d’un an, après un profit warning dès avril qui avait déjà conduit Alstom à abandonner son objectif de trésorerie à trois ans.

Selon des estimations d’analystes relayées par la presse financière, la nouvelle prévision de trésorerie négative représenterait à elle seule près de 20 % de la capitalisation boursière du groupe, ce qui explique en partie l’ampleur de la sanction boursière.

Le consensus restait, avant cette annonce, positionné à l’achat avec un objectif de cours à trois mois de 20,71 euros, un chiffre qui devra lui aussi être actualisé dans les prochains jours.

Avant de se forger une opinion sur ce type de dossier, notre guide sur les 11 indicateurs à vérifier avant de se faire une opinion détaille les points à examiner au-delà du seul cours de Bourse.

La rubrique « 1 jour, 1 action » revient demain avec une nouvelle valeur qui aura fait l’actualité de la séance.

Cet article a un but informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Avant toute décision, nous vous invitons à vous rapprocher d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un conseiller financier indépendant.

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