Pourquoi Pernod Ricard fait la une aujourd’hui
Pernod Ricard a publié ce jeudi 15 octobre son chiffre d’affaires du premier trimestre de l’exercice 2026-2027, qui couvre les mois de juillet à septembre.
Le groupe de spiritueux a enregistré des ventes de 2,23 milliards d’euros, en recul de 6,3 % en données publiées sur un an.
Mais à périmètre et taux de change constants, c’est-à-dire en organique, la baisse se limite à 0,9 %. C’est très loin des reculs à deux chiffres observés lors des trimestres précédents, et les volumes vendus progressent même de 6 % sur la période.
Dans le détail, les ventes reculent encore fortement aux États-Unis (-10 %), où les distributeurs continuent d’ajuster leurs stocks. En Chine, la baisse atteint même 25 %, la demande de cognac restant durablement affaiblie.
À l’inverse, l’Inde affiche une progression de 19 %, portée par une demande soutenue et la montée en gamme des produits vendus. Cette publication, bien qu’encore négative dans l’ensemble, marque une nette amélioration par rapport aux trimestres précédents.
Conséquence logique en Bourse, le titre Pernod Ricard poursuit ce jeudi le rebond entamé depuis le début du mois.
L’action évoluait en hausse après la publication, le marché saluant des signes d’amélioration dans un contexte que la direction du groupe elle-même juge encore « contrasté et incertain ».
Ce que dit le graphique

Le cours clôture ce 15 octobre à 66,74 euros, en hausse de 0,97 % sur la séance, et prolonge un rebond de près de 6,9 % entamé le 12 octobre, trois séances avant la publication des ventes.
L’action évolue désormais 9,7 % au-dessus de sa moyenne mobile à 20 jours (60,83 euros) et 5,5 % au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours (63,25 euros).
Elle reste en revanche encore légèrement sous sa moyenne mobile à 200 jours, à 67,22 euros, soit un écart de 0,7 %, un niveau qu’elle s’apprête donc à tester dans les prochaines séances si la dynamique se poursuit.
Le RSI à 14 jours ressort à 78,4, une lecture qui entre en zone de surachat (au-dessus de 70) et traduit l’ampleur du rattrapage depuis le plus bas annuel de 58,04 euros touché le 5 octobre, soit une remontée de près de 15 % en dix séances à peine.
Pour les investisseurs confirmés : les ratios à surveiller
Après la chute du cours depuis le sommet dépassé fin 2025, Pernod Ricard se traite désormais sur un multiple de capitalisation des bénéfices (PER) proche de 11 fois les résultats attendus, un niveau jugé attractif par plusieurs observateurs au regard de la moyenne du secteur des spiritueux.
Le groupe affiche par ailleurs une capitalisation boursière d’environ 16,6 milliards d’euros pour une valeur d’entreprise proche de 27 milliards, ce qui traduit un endettement non négligeable, hérité notamment des acquisitions passées.
Sur l’exercice 2025-2026 clos fin juin, le groupe avait publié un résultat opérationnel courant de 2,42 milliards d’euros, en repli de 17,9 % sur un an, pour une marge opérationnelle courante ressortant à un peu plus de 25 % du chiffre d’affaires.
Pour l’exercice en cours, la direction vise un chiffre d’affaires organique « globalement stable » et dit vouloir « préserver fermement » sa marge opérationnelle grâce à la maîtrise des coûts, un objectif prudent dans un contexte encore marqué par les incertitudes commerciales entre les États-Unis et l’Europe.
Le dividende, lui, est maintenu à 4,70 euros par action, un signal de confiance malgré la baisse des résultats.
Côté points de vigilance, le marché chinois des spiritueux reste structurellement affaibli et les droits de douane américains demeurent une source d’incertitude pour l’ensemble du secteur, deux risques que la direction reconnaît elle-même comme non résolus.
À l’inverse, le groupe conserve un portefeuille de marques mondialement reconnues, de Ricard à Absolut en passant par Jameson, et vise une conversion de trésorerie proche de 90 % à moyen terme, selon les éléments communiqués via Boursorama.
Pour un lecteur qui débute, mieux vaut garder en tête les bases avant de se positionner sur un dossier qui vient de publier des résultats contrastés, par exemple en consultant notre guide pour bien démarrer en Bourse avant d’acheter ses premières actions.
Et pour un investisseur plus aguerri tenté par un pari sur le rebond, il reste utile de revoir les erreurs classiques à éviter en Bourse quand on investit sur le long terme, tant le titre reste, malgré son redressement récent, en net recul sur un an.
Cet article a un but informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Avant toute décision, nous vous invitons à vous rapprocher d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un conseiller financier indépendant.



